Mais avant de pouvoir les voir gambader dans ce champ situé en face de notre séjour (s'il vous plait), il fallait préparer leur arrivée : la construction d'un abri en bois et la mise en place des paddocks avec clôture électrifiée. Une paille, nous direz-vous, un brin de foin au milieu de l'immensité angoissante d'interrogations et de doutes qui nous assaillent à l'heure où nous nous lançons dans cette aventure dont nous ne savons si elle est vraiment à notre portée.
Ce début d'année pour le moins humide n'est pas fait pour nous rassurer au moment où nous commandons le bois dans une scierie du coin. Les plans de la cabane nous arrivent par le beau-père, Magic Jean-Claude, détaillés, pensés, travaillés, élaborés avec la précision d'un moine copiste évadé du monastère du film Le Nom de la Rose, sauf que là, Sean Connery, il s'appelle Jean-Claude et que son jeune novice, c'est pas Christian Slater mais Rodolphe, le beau-frère, et que moi, j'ai plus l'air du grand Inquisiteur Bernardo Guy dans le film que d'un Compagnon du Tour de France spécialisé dans l’élévation des cathédrales ! Bref, c'est pas gagné ...
C'est donc nos six pieds dans la boue que nous entamons le chantier, comme en 14 dans les tranchées de Verdun et du Chemin des Dames, les bruits de mortier et les odeurs de gaz moutarde en moins quand même. Nous avançons péniblement dans la bouillasse, on creuse les trous pour les piliers en chêne que nous scellerons au ciment dès qu'on aura fini d'écoper l'eau qui remplit les trous tous les quarts d'heure environ. Les rares éclaircies nous permettent d'immortaliser le champ de bataille...
Après deux week-end dans la boue jusqu'au cou, le béton est pris, les poutres et les contreventements sont en place, prêts à accueillir les planches de bardage et la volige. L'abri commence enfin à ressembler aux plans de Magic Jean-Claude, ça rassure !
Le troisième week-end sera enfin le (presque) dernier avec la mise en place du bardage et de la volige. Il ne restera plus qu'à entendre les beaux jours pour poser les plaques de bitume sur le toit et étanchéifier définitivement l'abri (en tous cas au niveau du toit ! ) et pour mettre les joints de bardage qui serviront à cacher les jours dès que le bois aura un peu travaillé...
Ben voilà, y'a plus qu'à attendre ça :
David







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